15.07.2010
Lettre d'un connard
Bonjour, je suis un connard de base.
Je dis, « un » mais j’aurai aimé dire « le » mais contrairement à ce que je pense, je ne suis pas unique, j’ai une grande bande de clones, et on fonctionne tous à peu près pareil.
J’ai la trentaine, et je suis un peu paumé, même si je ne te l’avouerai pas. Desfois, je tombe dans le désuet, et j’aimerai moi aussi, comme quelques uns de mes connaissances avoir une famille parfaite : moi et ma femme, avec au moins un enfant. Je n’imagine pas encore que lorsqu’on a un enfant, il faut se lever toutes les nuits, et qu’avec l'argent de la coke, il faudra financer l’achat des couches, non, je pense juste qu’il faudra que ma femme reste toujours aussi belle, et n’attrape pas de vergetures, je n’aime pas ça les vergetures. Ma femme, d’ailleurs, je l’ai choisie pour ça, parce qu’elle est belle, alors elle a intérêt de le rester. Ou alors, je l’ai pris parce que sa famille a plusieurs belles villas à Calvi, mais cela n’a rien à voir.
Le problème dans la fidélité, c’est qu’il y a trop de tentations à Paris, et je ne compte plus les jolies filles qui se déambulent devant moi avec leurs jambes nues et leurs yeux clairs. J’aimerai vraiment être fidèle à ma femme, mais que voulez-vous, je suis un homme, il faut que je me le prouve, alors j’aime bien draguer ces filles aux jambes nues et aux yeux clairs aux terrasses de café. Mon but, c'est de les serrer une fois au Montana. Ça ne compte pas, hein ? si on est complètement bourré, ou qu’on en a plein le nez, çe n'est pas vraiment tromper ! Et puis ça ne compte pas si ce n’est qu’un soir ! ou si c’est un mannequin de passage ? Ma femme, c’est différent, je l’aime. C’est elle qui me lave mes caleçons sales quand même… enfin, sauf quand il reste du foutre d’une sauterie du Montana dessus.
Je n'ai pas vraiment d'occupation. Le matin, je dors, l'après midi, je réfléchis au business que je pourrait faire, et après, je sors. Uniquement dans des endroits branchés parce que je suis un vrai parisien. Je ne vais quand même pas aller dans ces repères à beaufs! J’ai grandi dans le 16ème ou à Neuilly, mais je vis maintenant dans le centre de paris, rive gauche. J’ai eu une enfance un peu compliquée, mes parents sont séparés ; comme 50% des jeunes de mon âge, mais j’aime le raconter aux filles que je rencontre. Elle me sente perturbé et n’en sont que plus dociles.
Ces filles, je les choisie de préférence étrangères. Dans le pire, des cas, s’il n’y a vraiment rien à se mettre sous la dent dans la soirée, je peux me rabattre sur une provinciale, le principe est un peu le même, mais il faut la jouer plus fin. Parisienne ? non, à pars si elle a un très beau corps, mais heureusement pour moi ce sont souvent les mannequin slaves de 17 ans qui ont les plus beaux. Ce n’est pas que j’ai un trip particulier, c’est juste que je préfère qu’elle ne connaisse pas vraiment comment la société française fonctionne, comme ça, je leur tourne l’explication à ma façon, et dans mon sens bien sûre.
Je l'emmène dans quelques beaux endroits, et elles auront des étincelles dans les yeux. Si je l'ai trouvé dans un café tendance de quartier, je les emmène diner dans un restaurant tout aussi trendy, en filant 15euros au serveur pour avoir la meilleure table, c’est à dire la plus voyante, celle où toutes mes connaissances pourront passer me saluer. L’important, c’est qu’elle voit, ou tout du moins qu’elle pense que je « pèse dans le quartier ». Mais le deuxième soir, lorsqu’on ne sera que tous les deux, je joue la carte romantique, et lui dégote un petit italien intimiste, ou je donne une tape sur l’épaule du serveur, en baragouinant quelques mots dans un espano-italien approximatif.
Je l’invite, au moins les premières fois, mais je récupère la note pour les passer en frais professionnels. C’est pratique, cela fait d’une pierre, deux coups : je défiscalise la Daurade qu’elle aura picoré, et ma femme ne pourra pas checker sur mon relevé de CB perso. Ensuite, Je l’emmènerai se promener sur les quais ou dans un parc. Une autre fois, ce sera un verre en haut de l’institut du monde arabe, une des plus belle vue de paris, et normalement, là, c’est dans la poche depuis un moment.
Alors pourquoi une étrangère ? Une vrai parisienne aurait vu que l’hôtesse ne me reconnaissait pas comme je l’ai dis, une vraie parisienne s’interrogerait si elle voyait que ma CB n’est pas à mon nom, et une vrai parisienne aurait déjà interrogé son réseau.
Je ne suis pas vraiment mythomane, mais je préfère arranger la vérité. Je veux continuer à rentrer au Carré VIP de l'Arc, tu vois. C’est important l’image des autres. Je dis des autres, parce que je n’ai pas vraiment d’amis. Enfin, j’en ai plein, mais ce ne sont que des connaissances. Mes amis, ils ne voyaient pas en moi l’image que je veux donner, mais celui que j’étais avant, alors j’ai préféré ne plus les voir. De toute façon, je n’ai pas besoin d’eux, je fais la bise au videur du Baron, alors !
La vérité, c’est qu’au fond, tout tiens habilement en place, brinquebalant comme l’échafaudage de livre d’un bureau d’adolescent. La vérité, c’est qu’au fond, tout n’est pas si doré qu’en apparence, et que la peinture s’écaille à maints endroits. La vérité, c’est que j’ai un peu peur que tout s’écroule. Alors je me raccroche à la fille qui me sert de femme en ce moment. Je l’aime bien parce qu’elle reste, même si je ronfle fort quand j'ai bu, c'est à dire tous les soirs. En fait, elle reste parce qu’elle ne sait pas que je l’utilise pour avoir le bail de l’appartement, et l’encaissement de mes chèques professionnels, mais j’en ai oublié tous mes machiavélismes, pour être encore plus persuasif face à elle, et je trouve que ça réussit plutôt bien...

00:14 Publié dans Histoire de mecs, Histoire d'amour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : entrer des mots clefs |
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