22.10.2008

Lettre au père Noël

Cher Père Noel,

Cette année j’ai été très sage (si on met de coté le fait que j’ai foiré mon dernier semestre d’étude, que je n’ai pas été embauchée après mon stage, ni toutes les cuites et autres que je me suis prise) et donc, je t’écris pour te donner des idées pour mon cadeau. (Je sais, je suis un peu en avance, mais vu ma demande, je me dis, qu'il vaut mieux que j'anticipe le rush de décembre :D)

Comme je sais que c’est la crise, je ne vais pas faire ma princesse, je ne te demanderais qu’une seule chose : Est-ce que tu pourrais me transformer en mec ?

Alors, oui, ça peut être surprenant comme demande, d’autant plus que c’est plutôt marrant d’être une fille. J’entend qu'on a plein de choix pour s’habiller, on peut dire « Je suis fatiguée, tu peux m’aider » en faisant la moue pour éviter les corvées, on peut parler de cul sans passer pour un gros pervers, et si on a une sale tête, on peut mettre du fond de teint mais surtout on peut acheter des chaussures à talons !!!

Mais en fait, plus j’y réfléchis, plus je me dis que ça doit être pas mal aussi d’être un garçon, parce que justement on a jamais mal aux pieds à cause des chaussures à talons, on ne passe pas 1H à choisir quelle robe on met (pour finir finalement en jean) ni ne dépense une fortune en lipstick et autre crèmes et bien sur, quand on est un mec, les anglais ne débarquent jamais

En fait, la vraie raison de pourquoi je voudrais être un mec, c’est que les mecs, ils font l’amour sans amour. Il se donne dans la spontanéité mais sans partager. Alors que nous, finalement, même si on fait les grandes filles modernes, chaque moment partagé sous la couette est un moment d’intimité où on donne de soi, où on se livre, on partage, on se met à nue au sens propre comme au figuré. On ote sa carapace, on se propose sans protection, en craignant la critique. Parce que quand on est au plus proche de quelqu’un, peau countre peau, chair contre chair, sa main sur notre poigné, lorsque l’on sens son souffle dans notre cou, on se laisse aller et on lui appartient. Lorsqu’on mordille sa lèvre, son lobe d’oreille, quand on murmure son nom, il n’y a que nous deux qui compte. Lorsqu’on sourie, parce que le souffle se fait court et l’envie toujours présente, on partage quelque chose. Bien sûr, on pourrait ne penser que dans l'instant, mais pour une nana, faire l'amour reste fort. C'est la chose la plus forte que l'on puisse faire (et la meilleure!?) et que malgré toute la volonté que l'on puisse y mettre, on est OBLIGEE de penser à l'après.

Good Morning Art Print by Pierre Farel

Le problème, c’est que la femme a de la mémoire. Et tous ces moments restent dans nos têtes. Quel qu’ils soient (2h ou la journée). Quel qu’IL soit (un ami ou l’homme de notre vie). Un homme réussit à donner sans s’impliquer. C’est fort. Bien joué messieurs. J'admire votre détachement, votre capacité à partager autant d'itimié avec une personne et réussir à faire comme si vous ne la connaissiez pas par la suite. En jouissant, vous nous refilez toute la merde, si je peux dire, mais surtout toutes les questions de l'après, et ça c'est plutôt chiant.

Crédit photo : lithographie de Farel (que j'aprécie beaucoup depuis longtemps)

Père Noël, donc...  tu comprendras que j'aimerai m'accorder une petite periode de répis en me mettant dans la peau d'un mec! Bon, au cas où tu n'aurais pas ça dans ta hotte, je serais aussi très contente d'avoir la bague menotte Dinh van. (or blanc ou or jaune, it's up to you!)

Merci beaucoup et passe le bonjour à la mère noël et aux lutins.

Bien cordialement.

La petite Loula

Ps : tu pourrais pas m'ammener un brun ténébreux aux levres douces et charnues avec la bague dinh van? c'est toujours bon à prendre :D