29.11.2008
Lost
Elle était là, allongée sur le lit en culotte en dentelle et débardeur. Ils s’étaient levés il y a quelques heures à peine. Derrière elle la baie vitré de l’appartement de sa grande tour, quai grenelle, donnait sur tout paris. La vue était magnifique.

Elle était là, comme sorti de « Lost in Translation » de Sofia Copola. Elle n’arrêtait pas de penser à ça, allongé sur son lit, en petite culotte, pour ne pas écouter ce qu’il lui disait. Pour ne pas entendre qu’il lui expliquait qu’il ne supportait pas sa façon d’être, son caractère. Qu’il étouffait de relever chaque intonation de voix qui l’insupportait. Elle pensait au joli film de Sofia Coppola qu’ils avaient vu quelques jours plus tôt, sur ce même lit, mais enlacée. Elle essayait de penser au cadrage et à la lumière qui rendait Scarlett si jolie pour ne pas entendre les mots qui tapait dans sa tête et résonnaient.
Elle était en train de se faire larguer. Mélange de colère, de peine, de violences intérieures.
Elle se lève et sans un mot, traverse l’appartement pour prendre sa douche. Sans s’attacher les cheveux, elle fait couler l’eau chaude sur son corps, sur son visage où un autre liquide chaud y commence lui aussi à y glisser. Ils s’évitent en silence. Rancœur. Elle se prépare. Range ses affaires qu’elle avait laissées chez lui puisqu’elle n’en aurait certainement plus besoin.
Il lui explique qu’il ne veut pas la changer mais qu’il sait qu’il ne supportera pas indéfiniment. Elle répond « Tu attends que je m’en aille ? » Il repart dans des explications pour essayer de donner une raison bancale qui n’existe pas. Le scénario de ce film est décidemment bien mal écrit.
-Lui : ça te saoule pas que je te fasse plein de réflexions, encore hier soir ?
-Elle : …
-Lui : Non ?
-Elle : Non, tu vois, je dois être habituée aux connards dans ton genre.
-Lui : Sors de chez moi !
Sentiment d’étouffement, de vide. D’énervement, elle a envie d’hurler, de pleurer, pourquoi ?? Ça faisait longtemps qu’elle n’avait ressentit ce sentiment de perte. Elle sait que si elle passe le pas de sa porte elle ne le reverra jamais… Elle met ses chaussures, avec énervement, en pensant tout un tas de « Salaud ! » dans sa tète. Attrape son manteau, enroule son écharpe doudou, qui ne la réconforte pas vraiment à ce moment là, et en se relevant, elle le regarde. Il est toujours aussi sexy. Il pourrait effectivement sortir avec tout un tas de filles bien plus jolies qu’elle. Mais elle se dit qu’elle ne mérite pas non plus quelqu’un qui la rabaisse et critique toute sa façon d’être. Quelqu’un qui n’est pas allé plus loin que voit le premier aspect de sa personnalité, il est vrai un peu hautaine. Les yeux pleins de larmes :
-Elle : T‘es vraiment qu’un gros nul !
Il s’approche d’elle. La prend dans ses bras, la serre et lui demandant d’une voix douce de se calmer. Elle se sent si vide, si froide, au milieu de ses grand bras qui la réchauffe. Elle voudrait tellement que ça ne soit pas arrivé. Elle voudrait que rien ne se soit passé et qu’ils aient passé l’après midi à faire l’amour dans le lit devant la baie vitré à la magnifique vue. Elle voudrait que tout s’arrête et juste ressentir ce sentiment si bon d’être dans ses bras. Qu’il ne la lâche pas et la protège comme on protege un enfant ou un objet fragile. Elle se rend compte qu’elle s’était attachée à lui. Elle se sent perdue. Elle voudrait qu’il la serre, encore. Elle voudrait arrêter de pleurer.
La fin de l’après midi s’est plus ou moins bien passé. Ils ont parlé d’autres choses, comme si de rien était. Elle avait le regard dans le vide. Un peu paumée. Lost. Elle n’a pas réussi à relever le coin de ses lèvres pour sourire malgré le fait qu’il l’embrassait en caressant son visage, qu’il passait le dos de sa main sur sa joue et son doigt à la commissure des lèvres pour l’encourager à sourire. Elle avait perdu quelque chose. Elle aurait voulu faire l’amour avec lui, partager un peu de tendresse pour retirer toutes cette peine, mais ils n’avaient pas le temps.
Il est partit bosser. Elle est rentré chez elle, a acheté Virgin suicides en passant chez le vendeur de DVD parce qu’elle aime bien le style de Coppola malgré tout. Et en rentrant elle a écris sa journée.
Elle, c’est moi.
Il ne s’est pas excusé.
19:07 Publié dans Dans ma Life | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : rupture, relation, radiohead, videotape, lost, in, translation


